[Automne]

(Une chanson de notre enfance, du moins de la mienne, pas du tout obligatoire, loin de là même. Clic)

Le temps d'une chanson, le moment d'une réflexion, en un instant qui parait inexistant, les arbres et l'herbe m'accrochent puis m'aspirent jusqu'à l'infini du cosmos. Je me perd dans le noir, tâtonne de par mes cris ('LIBERTÉ") à m'en arracher l'âme du corps : PAF ! Une fois sans corps, loin de la société fixée aux lois physiques de l'univers calculé, j'échappe au temps, d'où le bruit ! l'explosion ! Je n'ai plus d'âge, et les mots passé présent futur n'ont plus de sens. Je suis à la fois ce bébé ignorant, cet enfant souriant et cet adulte nostalgique, les souvenirs n'en sont plus et ainsi n'ont jamais été si réels, n'ont jamais été si présents. C'est à ce moment même, au centre brûlant de l'existence, que la vérité se présente, évidente, innocente : jouissez, hommes, et servez vous de cette image éphémère qu'est votre égo pour rendre chaque instant aussi beau, amusant et bandant que l'est l'humanité elle-même, cette conscience déséquilibrée qui brisa à jamais l'ennui parfait du monde instinctif.

# Posté le jeudi 20 mars 2008 17:08

Modifié le mardi 02 septembre 2008 20:09

[Zakuro - Reflexion desordonnée]


Que suis-je sinon ça ? Que suis-je sinon ce que je perçois ? Ma vie consiste à remplir le néant, peu à peu, à coup de pelle. Empiler des poussières d'imagination sur le ciment de l'objectivité. Faire croire que la vie c'est moi, et que même moi je vis. Sourire et rire, et surtout pleurer, pour me sentir exister. Alors que faire, sinon ressentir ? La vérité est-elle si importante ? Dès fois, j'aime me persuader que non et juste me laisser sombrer dans les plaisirs de l'irréel. Croire quelque instants que rien d'autre ne compte que de me laisser couler dans l'immoralité de l'art, de me laisser vibrer le temps éphémère de quelque sons pleins d'émotions. Dès fois je m'dis que chialer sur scène, à en perdre la raison, à en oublier le reste, c'est ptêt le meilleur moyen d'exister.

Nous sommes... Nous sommes la jeunesse désillusionnée. Nous sommes les regards sombres et les années déraisonnées. Nous sommes les enfants perdus, jetés dans l'insoutenable complexité d'une société qui s'enfonce depuis des centaines d'années. Il n'y a pas de lueurs dans nos yeux, seulement cet angoisse, ces névroses qui nous guideront jusqu'à notre mort, où pleurant l'injustice qui nous y a amené, on ne pourra que crier "je n'ai rien compris ! Bande de salauds ! Je n'ai rien compris !"...

Qu'y a t-il d'autre à faire que de se complaire dans cet esthétisme macabre et malsain qu'est le monde ? N'y a t-il rien de plus beau que la violence d'un masque à gaz sur un visage d'enfant ? Qu'un torrent de sang sur le torse d'un éphèbe ? Et sinon quoi, voudrait-on que l'on donne un sens à ce qu'est l'homme ? Une telle entreprise objective serait pure illusion.

Nous sommes la jeunesse sans futur. On éclate en sanglots, et on rit à en perdre la voix. Et puis viendra le jour où on s'écroulera, et voilà que le rideau se fermera sur le spectacle pathétique de l'échec de la conscience. Qu'y a t-il alors à espérer, sinon qu'il y aura quelqu'un ou quelque chose pour se souvenir de toutes ces larmes ?

# Posté le mardi 26 février 2008 13:57

Modifié le dimanche 09 mars 2008 09:22

[Sich für Kunst verkaufen]

Elle a peur. Dans sa robe noire, sa robe de soie, vêtement de deuil. L'angoisse brille dans ses yeux, far noir, poussières de fatigue. Chacun de ses membres fins tremble vers le monde, et sa voix qui se perd dans des graves funestes. Elle vit mal, dans ses godasses déchirées, ses bijoux du passé.

Seule devant l'inconnu. La lumière braquée sur son visage. Kaléidoscope de ses sentiments les plus humains. Inhumaine, comme décousue, s'avançant avec mal. Le public croit qu'elle est proche de la tombe, elle est pourtant plus vivante que tous ne l'ont jamais été.

Transcendée.

Son visage se balance dans une langueur sacrée. Sa tête lourde des pleurs refoulés. Larmes vaines, traîtresses chimiques. Un moment, ses doigts esquissent un geste vers son ventre meurtri, puis se ravisent. Adieu bébé, elle lui avait dit adieu. Irruption sanglante, éclair d'une horreur qu'on oublie de son mieux. Et l'érotisme mêlé, pornographie perverse. Humide jusqu'au désespoir, lèvres pâles entrouvertes avec désir.

Elle veut fuir. Elle aimerait courir. Pesanteur physique de ses jambes. Chaines de chair autour de son esprit éclairé. Elle veut s'envoler. A l'embryon de ses cauchemars, au cauchemar d'un futur à taton. Elle veut courir, dépasser les points d'interrogation, s'endormir dans la troisième dimension.

Alors ce soir encore, elle se vend à l'art. Dans sa robe sombre, robe d'un temps passé, vêtement d'enterrement. Deuil du trip. Désemparée devant la réalité. Alors ce soir, elle sera la prostituée de la nuit, la salope des rêves, la catin des arcs en ciel.

Adieu préceptes, parasites de la conscience.

[Sich für Kunst verkaufen]

# Posté le mercredi 06 février 2008 17:12

Modifié le vendredi 08 février 2008 18:08

[Melancolie banale. Ca arrive.]

Il m'arrive encore de rêver de toi. Tes mains agitées, ta voix pleine d'entrain . Il m'arrive de t'imaginer, de te sentir dans les coins reculés de mon lit. Le rêve d'une foule enchantée qui reprendrait le refrain de mon existence, qui chanterait le sens à nos vies, les notres. Il m'arrive de m'entendre au reveil. "Je ne peux pas vivre ! Je ne peux pas vivre !". Quand l'experience de la vie m'semblait infiinie, quand on avait l'impression que tout serai toujours devant nous. Que deviens-t-on quand l'espoir s'estompe ? Des adultes. Mais tu es l'exception, tu n'seras jamais adulte toi. Non, tu t'es contenté de sombrer dans le néant, dans l'oubli, dans l'incertitude. Qui me prouvera que tu as bien existé ? N'es-tu pas une putain d'autre utopie à la con ? Une exagération pathetique ?

En tout cas je n'crois pas. Comment tu pourrais me manquer à ce point, si tu n'etais qu'un idéal reconstruit ? Putain non, c'est comme si on m'arrachait le coeur et qu'on essayait de me faire croire que je n'en ai jamais eu. Extase de centaines de cicatrices s'enjambant et se battant ma peau fragile, febrile souvenir rougissant de mon coeur arraché. Où sont passés nos crepuscules à parcourir les lignes des romans jamais las de beauté ? Où sont les senteurs du printemps ? Et cette odeur qui me fait pleurer, cet air humide et lourd de souvenirs qu'on retrouve après la pluie ? Je commençais à peine à t'apprecier que tu commençais déjà à t'effriter dans le gris de l'independance. Mais qui aurait cru ? Qui aurait sut ?

Et pourtant ils nous l'avaient dit. Mais est ce qu'un enfant ecoute les adultes ? Non justement, parce qu'il est un enfant, et que ce sont des adultes. Et aujourd'hui je pleure comme pleurent les adultes. Pas de larmes ni de sanglots. Aujourd'hui je pleure comme on doit le faire en société, je me glisse dans la sombre grotte de la honte et je me force à vomir mes rêves pour ne pas les esperer trop fort. Parce que le système est pourri, parce que j'aurai aimé ne jamais le savoir...

J'ai encore rêvé de toi, ta peau sucrée, tes levres rouges. Que faire sans toi ? Tu m'as laissé à l'hiver impitoyable sans même me donner de quoi me rechauffer, tu m'as lachement laissé tomber sur le ciment communeautaire. Oh toi, mon premier amour, toi, mon plus grand trip, mon extraordinaire ephemere.

Où es tu donc tombée, toi l'enfance passée ?

[Melancolie banale. Ca arrive.]

# Posté le mercredi 23 janvier 2008 17:51

[Les mots ont perdu tout leur sens, nous n'en distinguons plus que les couleurs..]

[Les mots ont perdu tout leur sens, nous n'en distinguons plus que les couleurs..]
Y'a une sorte de galaxie psychedelique au niveau de la savane.

Peu importe le reste, tant qu'on est bien.

# Posté le samedi 19 janvier 2008 11:58

Modifié le jeudi 24 janvier 2008 15:56