« Retour au blog de psychedelic-rabbit

[Melancolie banale. Ca arrive.]

Il m'arrive encore de rêver de toi. Tes mains agitées, ta voix pleine d'entrain . Il m'arrive de t'imaginer, de te sentir dans les coins reculés de mon lit. Le rêve d'une foule enchantée qui reprendrait le refrain de mon existence, qui chanterait le sens à nos vies, les notres. Il m'arrive de m'entendre au reveil. "Je ne peux pas vivre ! Je ne peux pas vivre !". Quand l'experience de la vie m'semblait infiinie, quand on avait l'impression que tout serai toujours devant nous. Que deviens-t-on quand l'espoir s'estompe ? Des adultes. Mais tu es l'exception, tu n'seras jamais adulte toi. Non, tu t'es contenté de sombrer dans le néant, dans l'oubli, dans l'incertitude. Qui me prouvera que tu as bien existé ? N'es-tu pas une putain d'autre utopie à la con ? Une exagération pathetique ?

En tout cas je n'crois pas. Comment tu pourrais me manquer à ce point, si tu n'etais qu'un idéal reconstruit ? Putain non, c'est comme si on m'arrachait le coeur et qu'on essayait de me faire croire que je n'en ai jamais eu. Extase de centaines de cicatrices s'enjambant et se battant ma peau fragile, febrile souvenir rougissant de mon coeur arraché. Où sont passés nos crepuscules à parcourir les lignes des romans jamais las de beauté ? Où sont les senteurs du printemps ? Et cette odeur qui me fait pleurer, cet air humide et lourd de souvenirs qu'on retrouve après la pluie ? Je commençais à peine à t'apprecier que tu commençais déjà à t'effriter dans le gris de l'independance. Mais qui aurait cru ? Qui aurait sut ?

Et pourtant ils nous l'avaient dit. Mais est ce qu'un enfant ecoute les adultes ? Non justement, parce qu'il est un enfant, et que ce sont des adultes. Et aujourd'hui je pleure comme pleurent les adultes. Pas de larmes ni de sanglots. Aujourd'hui je pleure comme on doit le faire en société, je me glisse dans la sombre grotte de la honte et je me force à vomir mes rêves pour ne pas les esperer trop fort. Parce que le système est pourri, parce que j'aurai aimé ne jamais le savoir...

J'ai encore rêvé de toi, ta peau sucrée, tes levres rouges. Que faire sans toi ? Tu m'as laissé à l'hiver impitoyable sans même me donner de quoi me rechauffer, tu m'as lachement laissé tomber sur le ciment communeautaire. Oh toi, mon premier amour, toi, mon plus grand trip, mon extraordinaire ephemere.

Où es tu donc tombée, toi l'enfance passée ?

[Melancolie banale. Ca arrive.]

# Posté le mercredi 23 janvier 2008 17:51

« Article précédent : [Les mots ont perdu tout leur sens, nous n'en...

Article suivant : [Sich für Kunst verkaufen] »