[Rapidement]



(ecrit rapidement, sur un coup de tête, excusez le brouillon)

Où est la verité ? Reveille toi ! Où est donc la verité ! Eh ! reveille toi !

J'ai rêvé d'une montagne au milieu d'autres, quelque part sur l'Amerique. J'ai rêvé des nuits sombres de la Nouvelle-Orléans, des journées brûlantes du Texas.

Où est la verité ? Où est-elle ?

J'ai revé d'un garçon aux cheveux blonds, aux yeux marrons et aux jeans dechirés. J'ai voulu d'une vie loin de Paris, juste pour une fois, le temps d'une jeunesse, d'une seconde perdue dans l'eternité. Je suis parti la nuit, sur la pointe des pieds d'abord, et puis j'ai couru le long des rues noires et froides. Le RER B, dans toute sa crasse et sa tristesse, n'avait plus ce charme de ma jeunesse, il n'était plus que le reflet ingrat de cette France qui n'attendait que d'mourir, qui n'supportait plus cette maladie qui la parasitait, cette tumeur d'ignorance, de gachis et de bêtise. "Euthanasie", criait la France dans son agonie grise. Je m'contentais alors de dire non de la tête, sans même lui adresser un regard. Comme à un enfant qui ferait la manche.

J'ai pris l'avion pour autre chose. Je me suis envolé et j'ai fuis. Chicago. Les tours, les lumières. J'ai levé le pouce et j'étais parti sur la gigantesque autoroute. "Vers le sud !". J'ai vu le mississipi, sa force et sa vigueur, et voilà la Nouvelle-Orléans. Le jazz, l'absynthe et la magie. J'ai travaillé comme Barman pendant presque deux ans. La vie était belle comme la nuit, aussi perverse que dans mes rêves. Adieu l'enfance, adieu Paris, le monde est grand, la vie trop courte.

Chaque soir usait ma jeunesse et me noyait dans l'alcool et les acides. Tant de visages me souriaient, à en faire tourner la tête. Les nuits paraissaient interminables, les rires résonnaient jusqu'aux étoiles du ciel et il m'arrivait souvent de croiser les yeux clairs d'un beau garçon. Chaque soir usait ma vie et mon experience, me forgeait dans l'innocence et l'abus, dans les plaisirs et l'oubli. Le jour, je rêvais encore. J'ecrivais des heures durant, ne me reveillant de ma torpeur que pour boire du café et allumer une autre cigarette. Au fil des jours, mes cernes grandissaient, mon visage durcissait. Je devenais ce qui m'avait été destiné. Un personnage gris au sourire malsain. Un bonhomme plein de fumée et de secrets. Un masque esthetique de douleur et de jouissance.

Et puis tout s'est terminé un soir, je n'avais que 20 ans et tout un futur devant moi. On m'a poussé au sol, au fond d'une ruelle sombre du Vieux Carré. On m'a ecrasé les doigts dans un craquement désagréable d'os cassé, et on m'a tué de plusieurs coups d'une lame abimée. Dans le ventre. Je m'suis fais tué pour 15 dollars. Maman a beaucoup pleuré, et jamais je n'ai finis mon livre.

Où est la verité ? Où est-elle ?

# Posté le lundi 14 janvier 2008 09:35

[Ebauche de décadence]

" Tout ça est mal foutu. Vous êtes tous mal foutus. Nous sommes plongés dans cette lumière trop forte, celle des projecteurs, le faisceau grandiose de l'artifice originel. Dans nos ombres se trouve le pire de nous, nos rêves pervers, incestueux et puants l'horreur. Dans nos yeux brillent le mensonge et l'egoisme. La scene monde est fausse, vous êtes faux, fous. Aliénés de l'image, maniaques de la representation, les hommes courent et se pressent dans les méandre de l'omission, dans l'oubli de la verité. Vous, nous, eux ? Je ne veux pas y être condamné.

Mais le monde ne s'arrête pas, il s'echauffe et sue les larmes des incompris, les colères des plus faibles, la haine des ignorants, la rage des plus grands. Non, le monde ne s'arrête pas, il tourne et tourne en tremblant, supportant le poids de cet enfant qui pleure dans le noir, qui pleure l'injustice, qui regrette la liberté. Non, le monde ne s'arrête pas, il supporte le poids de cette chute sous le chiffre infernal du dix. C'est la descente, deca, decadence.

Aujourd'hui, cette ville va brûler. Aujourd'hui, les gratte-ciel et les monuments s'ecrouleront, la culture s'ecrasera, la religion se noiera. Aujourd'hui, le ciel sera noir, les eclairs déchireront le goudron et les gens mourront dans la panique. Ce jour ne se terminera jamais, car il est la fin d'une erreur eternellement ephemere. Ce jour est celui de l'apogée, c'est l'apocalypse. Aujourd'hui, la verité de l'homme eclatera dans toute son immoralité, l'absynte verte coulera à flot et brulera la gorge des enfants, les hommes enfileront les bas de leurs femmes, les femmes danseront nus au coin des carrefours. On verra des jeune filles boire le sang des cadavres encore frais qui joncheront les larges trottoirs de Tokyo, un sourire diabolique à la bouche, les cheveux en bataille, les pupilles completement dilatées. Aujourd'hui cedera l'incroyable barrage de tous les desirs de l'homme, aujourd'hui eclateront avec la tempête toutes les barrières de plusieurs milliers d'années d'histoire. La terre sera enfer, comme elle a toujours été destinée à l'être.

Masochisme, flammes, domination, luxure et fantasmes. Ce sera une explosion des sens, une resurrection de la pensée veritable. La bêtise s'evaporera au profit de l'intelligence dans sa cruauté la plus démente. Peu à peu, la pensée se dirigera vers les horizons inconnus et rejetés de l'esprit humain, ces terres interdites le long de ces siecles d'obscurantisme appellés "progrés". Et malgré tout, malgré la mort et la violence, malgré la difficulté du passage, le spectacle devra continuer ! "

La foule poussa un cri dément, une acclamation profonde. Le guitariste, fatigué et blessé, le torse nu et le visage ravagé, souriait devant ce tableau magnifique. Des dizaines de milliers d'hommes et de femmes, collés les uns aux autres, criants, suants, baisants, vomissants, se droguant dans le stade. Des dizaines de milliers de personnes qui priaient pour le changement, qui pleuraient pour que cette société eclate. Des dizaines de milliers de visages emmerveillés par ce grand jour, celui de la grande tempête. Dans leurs yeux, l'eclat de la sauvagerie d'antan brillait devant l'image utopique d'un cataclysme naturel prêt à exploser les deux capitales mondiales. Dans quelques heures, ils se tourneraient tous vers le fracas assourdissant de la chute de la logique humaine. Les larmes aux yeux, ils ne verraient que le reflet des flammes dans les debris de verres planants dans l'air brulant. Puis ils se contenteraient de rire, parce qu'on ne verrait même plus les étoiles tant il y aurait de billets verts en flamme volants dans le ciel, soufflés par l'explosion. Tout l'artifice exploserait dans un magnifique desordre, le chiffre "0" remplacerait toutes les valeurs artificielles, tous les comptes, tous les budgets.

Le guitariste charismatique continua quand la foule fut à peu pres calmée :

"Alors au dela de la destruction, je veux que Tokyo entende un chant, celui des anges ! Je veux que les milliards et milliards de conscience sautent de joie, et que tous dansent dans les ruines de cette civilisation enterrée à jamais... Alors Tokyo, pour le dernier concert du millenaire, criez pour l'homme"

Il n'y avait plus de foule, seulement une masse informe de poings levés, de bouches deformés par les cris. On sentait l'odeur enivrante de l'adrenaline et du shit planer dans l'air. La batterie envoya le rythme, suivi de la basse, et des dizaines de milliers de voix acclamerent en rythme ce nouvel air de revolution.

"HEY ! HEY ! HEY ! HEY ! HEY !"

Mydriase. Bruxisme. Hyperthermie. POP ! POP ! POP ! La guitare fendit l'air, les têtes s'envolèrent dans des headbangs si violents qu'on eut cru que les visages essayaient de se detacher de leur corps, trop lourds. Les cheveux semblaient flotter dans l'espace saccadé par les flashs stroboscopiques. Lysergesäurediathylamid. Le changement, radical. Un virage violent. L'experience unique. Endorphines. Epinéphrine. Le peché de la chair, les mains glissantes, la sueur et la salive. Les uns sur les autres, les autres sur les uns. Latex, pupilles en spirales, fluorescence. Un trip trash à l'echelle de la capitale.

Les nuages sont noirs, gigantesques, menacants. Le fracas de l'orage qui s'abat sur le sol accompagne la basse dechainée. Les flammes deviennent le decor du spectacle demoniaque.

"HEY ! HEY ! HEY ! HEY"

Les langues s'entremelent, sourires pervers, larmes hysteriques.

La decadence vient d'en haut et tombe sur l'homme.

Néant

[Ebauche de décadence]

# Posté le vendredi 04 janvier 2008 10:29

Modifié le vendredi 04 janvier 2008 13:28

[Canapé.]

[Dir en Grey - Shinsou]

Ils ne svoyaient qu'pour fumer. Il frappait à la porte, entrait et sortait son herbe. L'autre mettait de la musique, des sons puissants, vibrants, des sons trippants. Tabac, feuille, matos. Une heure plus tard, on n'voyait plus que la fumée tourner et tourner en dansant, eclairée par les faibles lumières electriques des néons. Clope, masse, bedo. La pièce qui se rechauffait, la fumée et les rires, le trip. L'ivresse et le vin, la musique qui se tordait, se colorait et se collait à la peau. L'enorme foyer et la douce odeur de la beuh. Turbos, souflettes, douilles. La nuit s'allongeait, souriait et s'oubliait dans le gouffre de l'inconscient. Le physique s'ecroulait, les proportions se mourraient. Le pays du lapin blanc. Tonc's, maroccos, collages. La musique qui leur tombait dessus, le temps en chute libre et le monde dans leur tête. Ils ne s'voyaient que pour fumer. Ils s'enlacaient dans la brume psychedelique et s'oubliaient dans le sommeil. Le lendemain, la musique vibrait toujours, l'autre n'était déjà plus là, il n'en restait qu'un cendar à bout de souffle...

... Et ce satané soleil qui finalement s'est levé.

[Canapé.]

# Posté le jeudi 20 décembre 2007 13:37

[En vie]

[En  vie]
Ces longues nuits où j'vis tellement que j'en oublie le reste... La seule question qui reste est...

Qui veux une teloche gratos ?

3M's

# Posté le dimanche 16 décembre 2007 13:48

(Pose)

Je m'demande s'il n'est pas mieux de rester à rêver dans cette chambre pleine fumée et d'musique. Je m'demande s'il ce n'est pas mieux qu'de sortir dans cette rue froide et pluvieuse. Je m'demande si la vie n'est pas là, sur c'plancher poussiereux, au milieu des livres et des souv'nirs. Je m'demande si c'est ça, la vie qu'j'attendais. Je m'demande si la vie n'est pas qu'une cascade de deceptions sur un lit d'compromis. Je m'demande si l'present a vraiment un but, sinon d'être rappellé par l'art et les larmes.

Je m'demande si quelque chose est aussi bon. Aussi bon qu'mon corps drogué, qui trembre sur les vibrations de ce solo de guitare psychedelique, que mon corps epuisé qui s'envole sur les douces nuances electriques. Je m'demande si quelque chose est aussi bon que ces rimes envoyées au passé, à nos gueules d'anges dans l'apres midi des souv'nirs d'enfance.

Mais au fond j'sais surtout qu'il n'y a pas d'rêves sans le monde, et que le monde est si grand qu's'en est oppressant. Au fond j'sais bien qu'y'a pas d'trip sans pensée, qu'y a pas d'notes sans nature, que rien n'est plus beau qu'le soleil qui s'leve d'vant deux personnes qui s'aiment. Et quand j'ecoute ces vieilles chansons, j'me dis qu'il faut pas oublier comme notre vie a été belle, comme elle le sera encore tant d'fois. Quand j'chante sur les lettres d'lan passé, j'me souviens que rien n'fut plus bandant qu'mes larmes devant la nouveauté. Si j'repense à mes images d'hier, j'me dis qu'putain ça vaut l'coup de s'les geler, si on peut connaitre autant d'changements.

Quand j'regarde les photos d'mon inconstance, j'me d'mande s'il m'est possible de mieux ressentir la Vie que je n'le fais déjà.
(Pose)

# Posté le lundi 10 décembre 2007 15:52

Modifié le mardi 11 décembre 2007 05:49