[3M]

On est tellement beaux qu'on brille dans le noir

Nous on a la vie géniale des gens heureux

# Posté le jeudi 18 octobre 2007 13:13

Modifié le lundi 05 novembre 2007 14:51

[Je suis désir]

Je veux t'aimer, au bord d'un verre de whisky. Je veux te brûler, te consumer dans un baiser. Et jveux danser ! Enlacé par le crépuscule, baisé par l'aube. Je veux devenir extase, sentir ton souffle chaud qui me fait frissonner, qui m'excite et me porte dans un cauchemar. Le doux cauchemar des désirs :

Comme évanoui, je tombe dans son obscurité. Odeur de sexe, atmosphère brûlante. Tes mains me caressent et me prennent. Désir de t'appartenir, désir d'oublier Conscience et d'être moins qu'un objet, de se sentir bien plus que Dieu. Fantasmes inavouables, il n'y a plus d'équilibre, juste les extrêmes qui se mêlent et s'emmêlent pour ne former qu'une forme perverse. Majeur, mineur, les notes se perdent dans un dédale de sonorités d'un autre espace, les sens sont confus, douce odeur du drap sous ma paume, goût érotique de ta sueur le long de ton cou, odeur exquise du sang qui bat dans tes veines. Dans l'ébat s'émeut ma morale, elle se tord, s'étire et s'enfuit, nue dans la nuit glaciale de ce rêve d'aveugle.

Les murs tombent, s'ouvrent sur l'immensité du monde des plaisirs. Que les Stoïciens soient satisfaits du possible dans leurs paradis antiques, cette nuit j'ai choisi l'Eternité des Enfers, sa chaleur, son délire et son poison. Que les désirs éclatent, explosent, s'assouvissent en laissant un nouveau manque, de nouvelles passions, que jamais je ne me sente tranquille, que le trouble m'assaille à chaque instant, m'enfonçant toujours plus loin dans les beaux pêchés qui me plaisent tant. Fumée et luxure, alcool et couleurs. Comme un aimant, je suis attiré par cette gigantesque cascade, d'en haut la vue est magnifique, faite que la chute soit longue.

Oh ! oui, l'homme est désir, le désir est son essence, sa pureté, sa différence, son vice et son seul bonheur. Le désir est l'évolution, le désir est la clef vers la fuite, vers la beauté, vers la nature même de notre espèce. Le désir est moi, je suis le désir le temps d'une vie.

Je ne veux jamais l'oublier, ce crépuscule, aube d'une éternité de folie, qui brûle la raison avec joie.

[Je suis désir]

# Posté le lundi 08 octobre 2007 15:40

Modifié le mardi 09 octobre 2007 14:51

[Magic mushrooms]

[A lire de preférence avec cette chanson : Appel D'r - Dub en do mineur]

J'ai les songes tranquilles, l'humeur calme, les doigts tabac et la respiration café. C'est l'aube, le ciel est d'un bleu parsemé de blanc couleur magie, rayé de croix de fumées matinales. Il y a le silence de la société qui se réveille, grincheuse, et ma voix qui vibre dans l'air, en quête d'une nouvelle vague d'euphorie. Mes membres tremblent, s'étirent, s'arrachent et crient de soulagement. Je soupire, mes poumons disparaissent en expirant, comme s'ils redevenaient poussière et s'envolaient par ma bouche pour planer dans la rosée du matin. Toujours plus léger, des picotements caressent ma peau abandonnée au plaisir mordant du froid qui vous rappelle que vous existez. En face de moi, un tableau de feuilles mortes, une rampe blanche recouverte par le lierre du temps et une balançoire bleue et humide qui, balancée par le vent, chante silencieusement sa solitude.

Les violons crient la joie et le bonheur, je sens à travers la terre le monde qui court, a bout de souffle, le peloton qui s'éloigne dans son délire. Une main m'appelle à ma gauche, sortant de la brume, et me tend le joint brûlant. Odeur enivrante, inspirations passionnées, je me libère à chaque taff, le poids se perd, le temps s'allonge. Tout est peinture, contes et fées me bercent doucement et m'aident à oublier ma prison. A ma droite, un rire, lent, rythmé, heureux. Je me tourne, lentement. Il sourit, d'un sourire qui semble s'étirer vers l'infini, d'un sourire qui ne souhaite que de s'enfuir de ce visage trop fatigué pour aller ne faire qu'un avec la joie d'exister. Le tempus fugit, et nous on baise avec l'existence. A peine le joint est-il terminé, un autre me vient de derrière. Mes yeux se ferment, ma tête se balance, d'un coté, de l'autre, tout est bleu, je nage au milieu des nuages.
Un vélo rose bonbon, une toute petite pelle et un tout petit râteau pour un tout petit garçon. Le goût agréable de l'herbe qui alourdi ma langue de cette suffisance, de cet absolu. Que c'est bon le trip.

J'ai les songes tranquilles, les ombres bougent à travers mes paupières, je distingue des sourires et des rires qui résonnent dans l'éternité, j'en oublie les autres qui courent, les voitures dehors, je ne vois plus que les arbres qui brûlent des milles feux de l'automne, je ne vois plus que l'herbe humide qui accueille mon corps, je me lève et je cours, et je ressens tout, encore plus, toujours mieux. Je cours vers une statue, blanche, je cours à travers un décor magnifique, à travers les couleurs et les odeurs, à travers mes hantises de beauté, mes fantasmes inavoués, mes désirs inachevés. Mes cheveux flottent et je crie et je rie, et je souffle. C'est comme une mer déchaînée des sens, la musique de la vie me traverse, me plante de son dard brûlant, me pousse et m'amène à jouir sans m'arrêter. L'autre pousse un grognement et on rit. On rit de tout ces vieux qui court et qui s'ennuient, sans se douter que le monde n'a pas qu'une seule facette, sans se douter que l'aventure est a portée de main. On a plus besoin de parler, on se regarde et tout est là. Comme des gosses.

Le rire, le bonheur, part du ventre, brûlant d'aisance. Le corps tremble, se tord et on se laisse atterrir. On s'envole sur la terre. Et puis ça part, comme un gigantesque solo de guitare, le trip marque notre corps de convulsions d'illumination, on dirait des mystiques bons pour l'asile, le soleil nous recouvre et nous réchauffe. Il est midi, mes songes sont agités d'un bonheur rare, mes doigts sentent l'herbe, ma bouche, comme un rayon d'aurore, se tend vers ce rêve, au-delà des paupières fermées. Je suis toujours là en fait, sur cet balancelle. C'est toujours l'aube et j'ai devant moi la rampe d'escalier, le lierre et les feuilles mortes. Et cette balançoire bleue. Je comprends à l'odeur qui traverse le brouillard de ma bulle qu'un autre joint arrive. Je ferme de nouveau les yeux. Les couleurs se tordent comme la fumée qui s'envole, doucement, avec volupté. Les vibrations de ma voix résonnent, les ombres se meuvent. Il y a Utopie sous mes yeux, lente et attentionnée, ses mains qui m'enlacent la nuque, ses lèvres qui embrassent mon front. Le désir explose, comme un riff de guitare aux nuances bandantes.

Ma bulle nage dans le ciel bleu et blanc, le corps d'Utopie sur le mien, Son torse brûlant contre moi, Il pleut sa majesté humide en moi, et y'a que ça qui compte... Le temps d'une matinée dans le trip, au-delà de l'espace, du temps et de la finitude.
[Magic mushrooms]

# Posté le mardi 02 octobre 2007 13:33

Modifié le mardi 09 octobre 2007 14:55

[I wanna get high]

[I wanna get high]



[Envie d'un bon trip ? Nathan Fake - The sky was pink]

Le problème je crois, c'est qu'on a l'impression d'être abandonné à une fatalité trop vaine pour en valoir la peine. Il y a un cercle de personnes toutes semblables qui nous entourent et nous crient des ordres, il y a écrit en gros "SOCIETE" sur leur front. Le problème je crois, c'est que notre cerveau, sa limite elle s'appelle justement société. C'est comme une cage nécessaire à notre survie. Désolé de décevoir, je ne suis pas anarchiste. Tout ce que je veux, c'est m'envoler et décoller un peu de tout ça. Oublier les barreaux et m'imaginer cette liberté trop dangereuse, cet oiseau de malheur auquel personne n'a survécu assez longtemps pour en parler. Est-ce qu'elle en vaut la peine ? N'est-on pas trop bien pour elle ? Certes, on peut construire nos valeurs et nos bâtiments de ciment, on peut recouvrir le monde de goudron et se rassurer en regardant TF1, mais au final, à quoi bon ?

"Dope, guns, fuck in the street.
Révolution."

Alors quoi ? La musique ? L'écriture ? l'Art ?

On croit tout connaître de la terre, on a dressé des cartes, toujours plus précise, on peut tout surveiller avec nos satellites, mais qui vous dressera le plan de votre esprit ? Qui sera capable de calculer les années lumières de voyages qu'il faut parcourir dans votre crane pour en comprendre la complexité et l'incroyable variété ?

Moi, j'ai toujours rêvé d'être explorateur. Aujourd'hui, je lèverai les voiles, ce ne sera pas avec mon bateau, juste avec mon bédo. Fumons les herbes des Dieux, nourrissons-nous de l'essence de la Terre, cultivons, effritons, savourons. Quand on aura décollé, qu'on aura bouffé les champignons magiques, on oubliera notre corps dans sa légèreté amusante, on rira sans même s'en rendre compte, et on élèvera notre esprit à une autre conscience. Un instant, on oubliera notre continent qu'on ne connaît que trop, on partira très haut, là où l'artifice et l'humanité n'a encore rien abîmé, comme jadis, Colomb et les Indes. Le monde libre ? Quel doux mensonge, quelle perversion ! Non moi je vise la pureté, la liberté comme personne ne peut la décrire, où aucun peuple barbare ou autres menteurs avides de sang ne pourront me déranger. Et peu importe les eaux dangereuses et les risques, si c'est pour trouver cet absolu, si c'est pour entendre le continent inconscient, bronzer sur ses doux rivages, je suis prêt à tenter, j'écouterai la nature qui nous a offert ces plantes.

Et Société s'en mordra les doigts, parce qu'elle n'a pas ce que j'ai, qu'elle ne connaît rien d'autre que ce qu'elle a nommé réussite pour croire le temps de quelques poussières de siècles qu'elle apporte le bonheur... Si pour eux, la tranquillité est le bonheur, autant pourrir en paix dans une tombe miteuse, au moins là il n'y a aucun trouble, non ? Ouais ! et elle en chialera, Société, avec son costume, sa cravate et son regard de celle qui a du mérite, parce que du moment où elle aura son bac jusqu'à celui ou elle deviendra poussière, elle n'aura rien connu de nouveau, parce qu'elle sait que nous avons raison, mais qu'elle se pisse dessus à l'idée de prendre le risque de finir en camisole... Parce que tous condamnent la différence, parce qu'ils répriment la folie, parce qu'ils instaurent la norme. Parce que dans cette autre réalité, c'est à mourir de rire que de voir tout ce goudron et ce ciment dans l'erreur...

Les yeux dans le vague, l'âme au ciel, l'esprit en ébullition, le doux poison bat dans mes tempes et je souris à leur défaite ridicule. J'ai gagné, Société, l'espace de quelques heures, et puis Routine me rattrapera par le col, et on sera reparti pour la pluie et le ciel gris.

# Posté le dimanche 30 septembre 2007 10:43

Modifié le mardi 09 octobre 2007 14:57

[Parentheses]

Ca c'est fait !

Merci aux personnes qui passent déjà régulièrement ici et qui laissent leurs commentaires, mes articles sont très différents de l'un à l'autre, mais ça me fait toujours plaisir de trouver des critiques de mes textes ou d'avoir vos opinions etc... J'espère que cet "ici" durera et que je me répéterai pas trop, j'espère que vous serez de plus en plus à passer me lire =).

A bientôt !

# Posté le vendredi 28 septembre 2007 14:26

Modifié le dimanche 11 novembre 2007 13:56